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04.07.2008
mono diversité
Faure Christophe
2 bis rue Nicéphore niepce
42100 Saint Étienne
Madame, Monsieur les Députés,
J'ai traversé le département de la marne en empruntant l'autoroute A26, en ce mois de Mai et voilà ce que j'y ai vu :
Aussi loin que je pouvais voir de chaque coté de la chaussée, des champs, des parcelles immenses, plus un bosquet, pas une haie, seuls quelques arbres ont résisté au remembrement des derniers décennies.
Du blé, du maïs, du colza et deux ou trois espèces que je n'ai pas pu identifier. Au total moins de dix espèces végétales sur des kilomètres carré. Les herbes folles sont absentes, éradiquées par les herbicides. Les insectes ont succombé aux pulvérisations d'insecticides, les oiseaux ont également fuit ce paysage.
J'imagine que quelques bactéries ont résisté, cachées dans la terre. Je n'ai que rarement vu en France un paysage avec une biodiversité aussi réduite. Un désert organisé par la main de l'Homme. Spectacle effrayant d'une campagne entièrement soumise à l'homme qui ne ressemble plus à la nature.
Une production de masse pour une consommation de masse. Une agriculture entièrement basée sur l'utilisation des énergies fossiles, une agriculture qui utilise plus d'énergie qu'elle n'en restitue, mais les subventions sont là pour acheter des engrais qui maintiennent une fertilité artificielle.
Parfois, des cylindres de bétons et des hangars de tôle déchirent l'horizon, des lieux de stockage.
Je me suis arrêté sur une aire de repos pour déguster un sandwich, installé sur un banc, j'observais un tracteur qui avait déployé ses grands bras métalliques. Une fine bruine jaillissait des extrémité inférieur de cette structure installée à l'arrière du tracteur.
Au fur et à mesure que l'engin avançait, les roues traçaient des sillons dans le blé en herbe. Je distinguais maintenant le conducteur vêtu d'une combinaison et d'un masque de protection. Je me suis demandé alors si le pain que je mangeais avait subi les mêmes traitements qui sont d'après l'équipement de l'agriculteur dangereux pour ceux qui les utilisent.
Je regardais mon pain avec une certaine méfiance. Mais je me suis rassuré car les contrôles sont stricts, des analyses sont sûrement faites pour vérifier qu'aucune trace de ces produits phytosanitaires ne se trouvent dans mon pain quotidien.
Mais le pire est à venir, le pire c'est ce que la majorité parlementaire nous prépare en ce moment sur les bancs de l'assemblée, la possibilité future de cultiver et de commercialiser des plantes génétiquement modifiées. Les pseudos agriculteurs que je nome techniciens des sols, attirés par des profits immédiats et influencés par un bataillons de commerciaux, vont se lancer dans la culture de ces plantes qui transgressent la barrière des espèces.
Choisiront-ils des plantes génétiquement modifiées conçues pour résister aux herbicides?
Dans ce cas, le Roundunp pourra couler à flot dans les sillons, il pourra être pulvérisé par avion comme aux Etats-Unis. Il suffirait de s'équiper d'un masque de protection pour emprunter l'autoroute. Ce ne sera pas pratique pour manger un sandwich sur les aires de repos, mais bon le profit avant tout n'est-ce pas!!!
Choisiront-ils des plantes créant elle même un insecticide afin de se protéger des petites bêtes?
Dans ce cas, les consommateurs ingéreront la molécules fabriquée par la plante.
Humm, j'ai hâte de goûter à ces nouveaux produits, pas vous??
Mais tout ce n'est pas pour demain, quand il sera trop tard, vous ne serez ni responsables, ni coupables, ni députes, alors vous pouvez dormir tranquille.
Bien à vous.
09:09 Publié dans lettre ouverte aux députés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


